« l’héritage classique se nourrit ici d’une perpétuelle inventivité » (paris-move.com)

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Le disque [Des chevilles dans la Tête] chroniqué Coup de Coeur sur le site Paris-Move !


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On l’avait découvert voici une dizaine d’années déjà, au sein de l’aussi improbable qu’irrépressible trio folk expérimental l’hapax (sans majuscule, ils y tenaient beaucoup). Une voix, une guitare, un piano et un violoncelle: l’une des expériences musicales les plus transcendantes auxquelles il nous fut donné d’assister dans ce que l’on ne nommait alors pas encore les Hauts-de-France. Deux albums, puis rideau, mais l’instrument à quatre cordes debout de Timothée Couteau (assis) ne se résolut pas au silence pour autant. Nous avions rendu compte de son premier disque chez Cézame voici presque quatre ans déjà (Les Violoncelles Seuls). Un second parut ensuite chez Universal (Cello Journey), et l’on reconnut dès lors Timothée sur bien des fronts, de l’accompagnement de pièces théâtrales en musiques de films, et de loops éperdus en vernissages d’expos. Son troisième essai ravive pour le meilleur les saisissants paysages dont ses prédécesseurs nous avaient laissé le souvenir vivace. Tous les matins du monde s’y marient ainsi à un chaloupé three-steps (“Les Cerisiers du Japon”) ou à celui de la bossa (“Pernambouc”), tandis que de persistantes touches yiddish perpétuent la conceptual continuity si chère à feu Frank Zappa (“La Traversée Du Désert”). De même que “Rêve” et “Un Morceau De Campagne” empruntent au Mali leurs rythmes en pizzicati, et “L’Arbre Blanc” au delta du Mississippi ses glissandos de notes tenues et diminuées, l’héritage classique se nourrit ici d’une perpétuelle inventivité, où se marient ceux du fameux groupe des Six (on songe ainsi à Satie sur “La Chambre Orange”, ainsi qu’à Darius Milhaud sur “Sixième Ciel” et “Les Coraux”) avec l’auto-sampling développé par le génial Andrew Bird (“Les Rotatives”). L’archet de Couteau sait se révéler tour à tour envoûtant, caressant et… tranchant jusqu’à Loos. Welcome back, chap!

Patrick Dallongeville
Paris-Move, Blues Magazine, Illico & BluesBoarder

PARIS-MOVE, March 29th 2021

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